samedi 23 mai 2009

NATIVE SONG 2

Puisque j'ai évoqué précédemment ma tribu, il faut absolument que je vous parle d'un Indien de cette Réserve au destin exceptionnel puisqu'il est devenu un cow boy.
Je l'ai croisé il y a pas mal d'années en compagnie de mon grand-père et celui-ci m'a raconté sa vie vraiment pas banale.

Né dans un foyer difficile (un père alcoolo et violent), il s'échappait enfant en se plongeant dans toutes les photos, tous les livres imaginables concernant le far west et les westerns. Il était un peu chétif et quand on lui demandait ce qu'il voulait faire, il répondait: cow boy. Evidemment, tout le monde se foutait de lui.

Mais il a tenu bon. Il s'entraînait comme il pouvait pour monter à cheval. Le moindre bidon abandonné au bord de la Loire devenait un mustang à débourrer. Une corde trouvée dans un champ de la Colline, un lasso avec lequel il s'entraînait à faire des figures.
Dès qu'il a été majeur, il a fuit la Réserve pour Paris d'abord, où il a commencé à faire des spectacles s'inspirant de sa vision de l'Amérique, puis pour les States. Et là, il est allé jusqu'au bout de ses rêves, devenant Jack Rogers.

Artiste exceptionnel des shows de rodéo et de lasso, il a fait partie pendant plusieurs décenies des tournées américaines de spectacles liés au far west dont le célèbre Buffalo Bill Wild West. C'est là-bas qu'il a été également durant 3 ans, l'un des fameux cow boys Marlboro. Il a aussi écrit des chansons folk/country et produit d'innombrables dessins dont la naïveté n'a jamais trahi l'adolescent qui rêvait des States.

Cela va bientôt faire un an qu'il a rejoint le pays de ses ancêtres.
Quelqu'un qui lui était très proche lui a promis d'aller jusqu'au Montana jeter ses cendres d'un avion et le connaissant un peu, je suis sûr qu'il le fera...

dimanche 17 mai 2009

NATIVE SONG



Je viens de terminer ce livre de Sherman Alexie. Ce sont des nouvelles dont les héros sont des indiens, je veux dire des Natives. Plus précisément des Spokanes de la région de Seattle. Inutile de vous dire que je vous le conseille. Il entre d'ailleurs en résonnance avec un film que j'ai vu dernièrement "Le Nouveau Monde": on y ressent de la même manière cette nostalgie d'un monde perdu, en osmose avec la Nature, et où les buts de l'Homme ne tournaient pas systématiquement autour de l'accumulation de biens, de possessions.

La littérature des Natives est actuellement l'une des plus riches et des plus innovantes. Surtout, elle nous fait prendre conscience comment ce peuple a pu être peu à peu, et de façon très perverse de la part des différents gouvernements américains, mis au ban et spolié de tout ce qui le reliait à sa terre.

Depuis 1988, une loi a autorisé l'implantation de casinos sur les réserves indiennes et cela commence à heureusement changer la donne: les grosses rentrées d'argent provenant pour beaucoup de gros retraités désoeuvrés ont permis à beaucoup de réserves autrefois anesthésiées par le chômage et l'alcoolisme, de se lancer dans un développement inattendu et de payer des études supérieures à ses enfants. D'où cette émergence culturelle aujourd'hui d'auteurs de très grande qualité.

Parfois, je me sens un peu Native moi aussi. Venant d'une tribu de la Nièvre, un peuple devenu lymphatique et éteint, j'ai dû moi aussi quitter la réserve pour aller vivre sous des cieux plus lumineux. J'ai changé mais il me reste encore ce petit quelque chose de l'enfant qui courait sur la colline et qui en connaissait chaque recoin, chaque caverne oubliée, chaque cabane cachée dans les bois. Je suis devenu un indien urbain, à l'instinct de survie adapté, bien sûr, mais les courants d'air du Troca et les métros-chevaux de feu qui me conduisent sous terre ne m'ont pas fait oublier le temps où le vent de la Colline et les arbres du bois qui en couvre une partie me racontaient de belles histoires.
D'ailleurs, je me rends compte maintenant à quel point ces histoires-là ont été importantes pour moi et combien elles nourrissent inconsciemment mon quotidien et mes activités artistiques.

C'est ma réserve, quoi...


Some recent native music?

MARIEE SIOUX

WAYNE LAVALLÉE

MICHAEL BUCHER

LAKOTA LULLABY

lundi 4 mai 2009

SMILING ELEMENT


PERSUSMIX GALLERY

Dans la série: "Je me demande parfois si certains des objets qui nous entourent n'ont pas un âme"...
Vous en trouverez plein d'autres dans FACES IN PLACES dont je vous ai déjà parlé mais dont je ne me lasse pas!

lundi 27 avril 2009

ONE VOICE



http://vimeo.com/moogaloop.swf?clip_id=2539741




Street Music has no frontiers.

mercredi 18 février 2009

THIRD RATE MOVIE

Hier, je suis tombé à la télé sur un des Asterix (Opération Cléopatre), que je n'avais encore jamais vu, me doutant un peu que ce n'était pas un chef d'oeuvre.

J'ai tenu une demi-heure, pas plus, avant d'aller lire un bon bouquin.

Comment est-ce qu'on a pu dépenser autant d'argent pour faire une daube pareille?
Mauvais scénar, mauvais jeu des acteurs, dialogues à chier, décors de chez Pier import, générique ringard.

C'est vraiment un navet, César.

samedi 14 février 2009

APPLE TREE

Parfois, j'aimerais pouvoir faire "apple-Z" dans ma vie, et remonter le temps de quelques séquences pour les revivre un peu plus en adéquation avec ce que je suis.

Par exemple, j'aimerais faire "apple-Z":

- sur le soir où à Vichy, dans cette boîte un peu chic, j'avais vomi sur le cardigan en cachemire de cette fille parce que j'avais bu trop de gin-citron, me chopant la honte de ma vie.

- sur cette fois où lors d'un de ces trop rares passages dans mon village, j'avais décliné l'invitation de mon oncle M. à dîner avec lui chez mes grands-parents parce que je devais retrouver mon pote Yann à Nevers et que je m'étais dit qu'on aurait bien l'occasion une autre fois. (Il s'était tué en voiture quelques semaines plus tard).

- sur une de nos trop rares conversations avec Valérie pour oser lui demander ce qui s'était passé dans sa tête lorsqu'elle était partie pendant "Chronique d'une mort annoncée"

- pour ne pas avoir perdu si vite le contact avec Marc. Peut-être que j'aurais sû avoir les bons mots pour qu'il n'ait plus l'envie de mettre fin à ses jours.

- pour casser la gueule de chacun des membres de cette bande de losers de mon bled qui me harcelaient en Primaire et au Collège.

- pour passer plus de temps avec ceux que j'aime, ma famille, mes amis, et dont la vie semble s'écouler beaucoup moins vite que la mienne.

Parfois aussi, j'aimerais faire "apple-Q" et complètement me réinitialiser.

Peut-être que dans ce cas, d'ailleurs, j'entrerais alors dans la programmation de n'avoir ni remords, ni regrets...

samedi 22 novembre 2008

PITIFULISM

Les media en font vraiment trop, avec la crise.

Tout tourne autour de ça et on voudrait nous faire croire que c'est la catastrophe des catastrophes alors que l'argent qui faisait marcher l'économie ne s'est pas envolé, il est simplement allé se cacher dans encore moins de poches qu'avant.

Le pire des phénomènes engendré par cette "crise" est quand même le Juliencourbérisme: tu es de plus en plus pauvre alors regarde autour de toi, tu peux vivre en dépensant moins, si si!

Par exemple:

- un boîtier de Brie peut devenir une trousse très économique pour tes enfants (les stylos daubent le fromage mais c'est pas grave!)

- Femmes raffinées, au lieu de vous faire des peelings avec des crèmes ruineuses, utilisez le marc de café et en plus, ça fait fondre la cellulite (vous bouchez la baignoire mais c'est pas grave!)

Donc, à chaque fois que je mange une banane, en bon juliencourbériste, il faudrait que je garde évidemment la peau pour cirer les chaussures. Il assure que c'est aussi bien que le cirage (je ne porte que des baskets et des Converse mais c'est pas grave!)

Pourquoi pas non plus faire briller la robineterie avec le miel des oreilles!!!

En fait, son système D, c'est le système Déb, car pour que cette crise soit derrière nous à la fin 2009, il faut au contraire que l'on consomme pour booster l'économie, plutôt que de faire les fonds de poubelles.

Ca n'empêche évidemment pas de consommer malin.

Car si on privilégie au maximum les produits qui ont fait le moins de trajet pour arriver jusqu'au consommateur, tout devrait continuer à aller pas trop mal.
N'en déplaise à ceux que ça arrange bien que l'on reste terré chez soi dans la passivité et l'angoisse du lendemain.

samedi 8 novembre 2008

I HATE SUNDAYS

Enfin un samedi qui ressemble à un samedi!

Les boutiques sont en train de s'ouvrir, il y a des êtres humains dans la rue, mon café est ouvert et j'ai pu me prendre un pain au chocolat dans ma boulangerie préférée. Plus tard dans la journée, je pourrai aller tranquillement à la FNAC regarder les dernières sorties de bouquins et de CD.

Si je raconte ces petites choses anodines de ma vie de consommateur lambda, c'est que la semaine dernière, on m'a interdit de le faire. Eh oui, il fallait qu'un jour férié tombe un samedi!
C'était un samedi qui ressemblait à un dimanche. Un dimanche de Toussaint en plus!

Je hais les dimanches, qui sentent l'ennui et les petites familles repliées sur elles-mêmes.
C'est pour ça que je suis à fond pour le travail le dimanche. Il suffirait simplement que les salariés du dimanche ne puissent pas être les mêmes que ceux de la semaine, ça résoudrait le problème de la pression de l'employeur sur son salarié afin qu'il vienne bosser ce jour-là alors qu'il n'en a pas envie. Non?

Comme ça on aurait deux samedis par semaine, deux samedis où on peut se balader dans un monde plein de vie et de mouvement. Et de liberté!

Et puis ceux qui nous servent la soupe à la grimace pour un oui pour un non, les conservateurs et autres syndicalistes désuets, on ne les empêche pas de rester affalés chez eux en savate, à regarder les dernier grand prix de formule 1 ou Drucker à la télé!

lundi 3 novembre 2008

HEY JO



Jeudi dernier, un client du studio nous avait invité à Bercy et nous avait réservé, après notre rendez-vous, des places pour assister à un des matches des Masters.

Bon, je l'avoue, je ne suis pas très branché "sports de salle" et j'avais un peu peur de m'emmerder. Mais très vite, j'ai été pris au jeu. D'abord par la pointure des joueurs: Djokovic-le-calme et surtout, Jo-Wilfried Tsonga, que je n'ai pas besoin de vous présenter car je viens d'apprendre ce soir qu'il était le vainqueur du tournoi et qu'il était selectionné pour les Masters de Shanghai.
C'est un gars de 1,87 mètres qui a joué comme un prince malgré une douleur à la jambe. J'ai admiré son mental et sa puissance, et je me suis dit que les valeurs du tennis étaient finalement plutôt positives: confiance en soi, goût de l'effort et dépassement de soi, recherche de l'excellence, équilibre et sérénité face à la victoire (comme face à l'échec), respect.
J'ai donc été agréablement surpris par ce sport où la magouille et le dopage semblent un peu plus difficiles à mettre en oeuvre que dans certains autres.

Un exemple à suivre, je pense, dans notre société où la tricherie et la magouille deviennent peu à peu des références...