vendredi 25 décembre 2009

KLICKY 3



Vous connaissez peut-être mon affection pour les Playmobils (voir IDENTITY, KLICKY2 & SPACE KLICKY).
Alors, je ne pouvais pas ne pas aller voir la première expo en France dans un musée concernant les "klicky".

J'y ai reconnu à peu près tout ceux que j'ai eus, même les premiers. Et ça m'a paru bien loin, tout à coup.

On y suit 35 ans de playmobils.
En fait, Klicky est un peu l'illustration du fameux "on n'a pas de pétrole mais on a des idées". Au moment du premier choc pétrolier (fin 73), le prix des matières plastiques (issues du pétrole) s'est mis à flamber lui aussi. Alors le patron de Geobra, une firme allemande spécialisée dans les jouets en plastiques a demandé à son plus talentueux concepteur d'imaginer un nouveau jouet solide mais creux (utilisant donc moins de matière plastique). Et c'est ainsi que Hans Beck, le génial inventeur, a imaginé et mis au point ce petit personnage de 7,5 cm...

Hans Beck nous a quitté en fevrier dernier mais ses figurines inusables lui survivront sans doute quelques siècles ( Il y en a eu 2,2 milliards de fabriquées!).

L'expo est au Musée des Arts Décoratifs, rue de rivoli. Et vous pouvez même en profiter avec le même ticket pour visiter un siècle de design, de l'Art Nouveau à aujourd'hui...

jeudi 24 décembre 2009

FULLMOON



Il n'y a pas longtemps, je suis allé voir un spectacle hors du commun.

Cela s'appelle "Les curiosités du Docteur Fullmoon". Le principe n'est pas facile à expliquer, disons que c'est une sorte de cabinet de curiosités fait d'une suite de mini-spectacles qui n'ont pas grand'chose à voir les uns avec les autres mais qui, réunis, créent un ensemble assez inattendu et cohérent, dont on ne sort pas sans se dire qu'on vient vraiment d'avoir vécu quelque chose de rare.
Le docteur FULLMOON (alias Julien Mellano, la photo au dessus prise discretos pendant le show), est un peu le fil conducteur, maître de cérémonie singulier qui intervient entre les spectacles et qui a rassemblé tous ces talents..

Ca commence avec "les histoires manipulées" de l'Institut Bancal, 2 gars et une fille de la Creuse, d'après ce que j'ai compris, et qui vous transportent de manière aérienne dans leur univers de marionnettes et de déguisements faits d'objets qu'ils ont dû trouver dans une benne d'objets encombrants. C'est récup à 100% et complètement déjanté.

Ensuite vient "La veuve moustachue", un japonais (Kishino yuichi) venant de Tokyo qui chante dans un style electro/easy listening et nous entraîne dans ses histoires kitchissimes agrémentées de montages vidéo interactifs.
(extrait)


Puis c'est un autre Japonais (d'Osaka) qui fait une performance d'électro assez rythmée (on va dire une tribal dance expérimentale pour tenter de situer) avec un écran d'animations assez créatives derrière lui. Il s'appelle Oorutaichi
Un petit morceau?

Après, il y avait deux filles contorsionistes, Bertha & Miranda (Compagnie Presque Siamoises), qui revisitent de manière ludique et inattendue, les spectacles de foires d'une autre époque (genre Freaks) et vous font voyager rien qu'avec leurs positions incroyables et quelques notions philosophiques détournées.

Et entre chacun de ces spectacles intervient le Docteur Fullmoon qui nous donne quelques remèdes salutaires et nous projette des films faits par son neveu informaticien, un geek qui nous présente ses expériences maladroites et inutiles, faites avec des matériels obsolètes des années 70 et 80.

Donc si le Docteur Fullmoon venait à passer près de chez vous, n'hésitez pas, les billets d'entrée soignent aussi les montées de normopathie, cette maladie insidieuse qui nous éloigne tant de ce que nous devrions être...

mercredi 23 décembre 2009

MUTE WINTER





J'ai réussi à passer un weekend prolongé dans mon village.
Des mois que je n'y étais pas retourné.
Ce que j'apprécie là-bas, c'est ce silence, loin des bruits de la ville.
C'est même un peu angoissant, la nuit, tellement on n'entend rien.

Mais le silence, ça fait partie de la Mort ou de la vraie vie?

jeudi 12 novembre 2009

CHALK DRAWINGS





La législation a une petite faille: on ne peut pas être poursuivi pour un dessin ou un graffiti à la craie ou au pastel faits sur la voie publique. Puisque ça part avec de l'eau.

On voit régulièrement des dessins à la craie sur les trottoirs mais c'est rarement très heureux. Juste un pretexte pour faire un peu la manche quand le gars ne sait pas jouer de la guitare.

En ce qui concerne Julian Beever , c'est autre chose. De l'Art, tout simplement.

Il crée des trompe l'oeil vertigineux et cela, avec de simples pastels.

Voici quelques liens:

-anamorphing chalk drawings

-How "the pavement picasso" does it

-Visual fun House

-sidewalks

-article BBC

Julian vient d'Angleterre et vit en belgique mais il intervient sur tous les trottoirs du monde.

Donc si vous tombez sur une de ses anamorphoses éphémères, prenez vite quelques photos car à la première pluie ou au prochain passage du véhicule de nettoyage de la voirie, il n'en restera plus rien...

dimanche 6 septembre 2009

WHERE ARE MY OLD SHOES?



Si vous levez un peu la tête en vous promenant dans les rues, je suis sûr que vous avez déjà vu ces paires de pompes balancées nouées entres elles sur les fils électriques ou téléphoniques.
Ca s'appelle des SHOEFITIS.

Mais d'où vient ce phénomène?

Apparemment, c'est né d'une tradition "pop culture" dans les petites villes américaines: les shoe trees. Un jour, quelqu'un balance dans un grand arbre ses vieilles chaussures pour marquer un évènement: par exemple sa copine Linda qui a accepté de l'épouser ou qui lui a annoncé que son test de grossesse était positif. Ou bien Tommy Lee qui a largué son job qu'il détestait. Ou encore Debbie qui a décidé de partir de son bled pourri où il ne se passe jamais rien. On peut tout imaginer...
Et peu à peu, l'arbre se retrouve couvert de vieilles chaussures.

La tradition s'est transmise ensuite dans les plus grandes villes, devenant le shoe flinging ou shoe tossing.

Des journalistes ont déliré en prétendant que ces chaussures étaient des signes pour trouver des dealers ou pour délimiter des territoires de gangs mais ça ne tient pas trop debout. C'est plutôt un genre de rituel urbain marquant un passage: l'obtention d'un diplôme, le décès de quelqu'un d'apprécié dans le quartier, un dépucelage ou la fin d'un service militaire. En 1991, les jeunes de South L.A. ont accroché leurs chaussures partout dans la ville pour marquer leur colère après le tabassage de Rodney King.
Et puis le sens de cette tradition s'est un peu perdu pour devenir la plupart du temps un délire d'étudiants bourrés ou d'adolescents faisant une mauvaise blague.

Donc si vous observez aujourd'hui ces chaussures pendues, dites-vous simplement qu'elles font partie du paysage de la ville et qu'elles ont juste ponctué un moment précis de l'existence de quelqu'un.

De la vôtre peut-être?

PRIMITIVE INTUITIONS



J'ai toujours été fasciné par l'idée qu'il existait un point de rencontre entre tous les Arts de toute l'histoire de l'Etre humain. Ce serait en quelque sorte la porte s'ouvrant sur ce qu'on appelle l'inconscient collectif.

Cette idée est vraiment flagrante lorsqu'on visite le Musée des Arts Premiers, Quai Branly. Il y a des oeuvres qui datent d'il y a très longtemps, d'autres d'il y a à peine 150 ans mais cela n'a pas d'importance. Toute la sensibilité et toute l'imagination humaines sont résumées là, qu'elles viennent d'Océanie, d'Afrique ou d'Australie.
Par son universalité, chaque masque, chaque statuette, chaque totem créent d'eux-mêmes un lien avec des créations plus récentes. Par exemple, la statue de la photo ci-dessus pourrait très bien être un personnage de Wallace & Gromit!
Ce n'est pas pour rien que Breton, qui voyait le surréalisme comme un autre point de rencontre assez proche lui aussi de la jonction entre conscient et inconscient, entre le monde du haut et le monde du bas, était un grand collectionneur d'art primitif.

Voici quelques photos qui, je l'espère, vous donneront l'envie d'aller faire un tour dans ce superbe musée à la lumière feutrée où on a parfois l'impression de sentir des présences derrière les masques...

samedi 25 juillet 2009

NO MEMORY DAYS

Il y a parfois des jours qui ne se résument qu'à 9 192 631 770 oscillations d'un atome de césium.

Il ne reste aucune trace de ces journées, il ne s'est rien passé d'extraordinaire. On a dit bonjour comme ça à quelques têtes habituelles sans avoir grand chose à échanger.
Aucune découverte, aucun "accident". Le gris moyen, quoi.

Par exemple, si je vous demande: vous vous souvenez du 12 novembre 2006?
Si ce n'est pas l'anniversaire d'un de vos proches ou le jour où vous êtes tombé amoureux ou bien celui où on vous a annoncé que vous alliez devenir parent ou encore celui où un de vos potes s'est blindé en bagnole après une soirée arrosée, eh bien ça ne vous dit rien.

Et je suis sûr qu'en faisant un peu le compte, vous allez découvrir que sur une année, une majorité des journées sont assez proches de ce gris moyen.
Si ça ne vous dérange pas, tant mieux. Moi si. Le gris moyen, c'est la couleur la plus présente dans les cimetières.

Quand j'étais môme, j'avais récupéré un stock de sachets plastiques et j'avais entrepris chaque jour d'en remplir un d'un petit objet symbolique de la journée et qui serait un support de mémoire pour me rappeler le parfum de ce jour-là. Ca pouvait être un fossile trouvé sur la colline, une vieille pièce ramassée au bord de la Loire ou encore un crayon de couleur piqué dans la classe à un mec que je ne pouvais pas blairer.
Le problème, c'est qu'au bout de quelques mois, je ne savais plus quoi faire de tous ces sachets, de plus en plus nombreux. De plus ma mère, les ayant trouvés remplissant plusieurs tiroirs dans ma chambre, avait commencé à se demander si je n'étais pas un peu psychopathe. Et puis, avec le temps, je finissais par ne plus très bien savoir l'histoire de certains de ces objets et comment ils avaient atterri là. Ca n'avait plus de sens. Alors, j'avais tout jeté. Sauf le crayon de couleur, que j'avais remis discrètement dans la trousse du mec que je ne pouvais pas blairer.

C'est à ce moment-là, je crois, que j'ai décidé de mettre de la couleur dans chaque journée: écrire mes émotions, les peindre, les sculpter, les prendre en photo. Non pas pour raconter mon histoire de manière narcissique, ça je m'en fous, mais pour raconter celle d'un humain parmi d'autres et qui, comme presque tous ses semblables, ne veut pas que son existence se résume au néant.

vendredi 29 mai 2009

WATCH MY WATCH

Un publiciste ringard (costard clair trop grand pour lui et mocassins à glands, c'est vraiment trop down) s'est cru malin en déclarant dernièrement que si on n'avait pas une Rolex à 50 balais, on était un raté.

J'imagine que, passé d'ancien valet moqué de Mitterand (la fosse tranquille) à nouveau valet méprisé de Sarkozy (la présentation de Carla à Nicolas, c'est lui), il avait besoin d'un coup d'éclat supplémentaire pour compléter son voeu d'allégeance (Regardez, mon maître, je suis bien de Droite, si!, si!, et j'ai terminé méticuleusement de décaper mon vernis Gauche Caviar).

Tu as raison, Jacky: après la Gauche Solex, la Droite Rolex!
Mais garde quand même ton pot de vernis de Gauchiste de salon, au cas où le vent tournerait à nouveau (ce dont je doute pour l'instant, vu la tronche de chien battu de Martine et la blonditude de Ségolène).

Vous avez une montre, vous? Moi, je n'en porte plus depuis bien des années, depuis que j'ai des mobiles, en fait, et que l'heure est indiquée sur l'écran.
Mais comme il m'arrive d'oublier régulièrement mon téléphone, j'ai trouvé une solution plus tendance pour voir l'heure: j'ai mon Julien Dray.

Le Julien Dray porte en général 3 montres à chaque bras (avec l'heure des principales capitales), il est pratique et d'une disponibilité sans faille. Il me suit partout. En plus, il fait très chic, chacune des montres qu'il porte vaut des mois et parfois des années de salaires d'un ouvrier. Cependant, ne le rejetez pas, il n'en est pas moins resté un homme de Gauche, appliquant à la lettre un des adages du Communisme: Donne-moi ta montre et en échange, je te donnerai l'heure.

Le Julien Dray est un peu coûteux: il a un bon coup de fourchette et surtout il ne boit que des bons vins (j'ai dû cadenasser ma cave). Il est aussi très bavard mais j'ai fini par ne plus l'écouter, sinon je ne croirais plus en rien.

En ce moment, je l'avoue, j'ai un peu peur pour mon Juju.
Il a fait des choses pas très nettes ces dernières années, qui risquent de le faire rouler dans le caniveau (j'espère sincèrement que ses montres sont waterproofs) et je ne le vois pas trop entre 4 murs, à bouffer des haricots et des steaks-semelles. Je lui ai bien conseillé de filer, je ne sais pas, en Patagonie par exemple, mais il m'a dit qu'il n'aimait pas les chansons de Florent Pagny, ni la confiture de lait et qu'il avait de toutes façons le bras assez long (pour les montres, bien sûr) et qu'il s'en sortirait sans problème grâce à ses amis de tous bords.

Je veux bien le croire mais en attendant, il va falloir que je trouve une autre solution pour avoir l'heure.

La micro horloge de Philippe Starck greffée sous la peau, peut-être?

samedi 23 mai 2009

NATIVE SONG 2

Puisque j'ai évoqué précédemment ma tribu, il faut absolument que je vous parle d'un Indien de cette Réserve au destin exceptionnel puisqu'il est devenu un cow boy.
Je l'ai croisé il y a pas mal d'années en compagnie de mon grand-père et celui-ci m'a raconté sa vie vraiment pas banale.

Né dans un foyer difficile (un père alcoolo et violent), il s'échappait enfant en se plongeant dans toutes les photos, tous les livres imaginables concernant le far west et les westerns. Il était un peu chétif et quand on lui demandait ce qu'il voulait faire, il répondait: cow boy. Evidemment, tout le monde se foutait de lui.

Mais il a tenu bon. Il s'entraînait comme il pouvait pour monter à cheval. Le moindre bidon abandonné au bord de la Loire devenait un mustang à débourrer. Une corde trouvée dans un champ de la Colline, un lasso avec lequel il s'entraînait à faire des figures.
Dès qu'il a été majeur, il a fuit la Réserve pour Paris d'abord, où il a commencé à faire des spectacles s'inspirant de sa vision de l'Amérique, puis pour les States. Et là, il est allé jusqu'au bout de ses rêves, devenant Jack Rogers.

Artiste exceptionnel des shows de rodéo et de lasso, il a fait partie pendant plusieurs décenies des tournées américaines de spectacles liés au far west dont le célèbre Buffalo Bill Wild West. C'est là-bas qu'il a été également durant 3 ans, l'un des fameux cow boys Marlboro. Il a aussi écrit des chansons folk/country et produit d'innombrables dessins dont la naïveté n'a jamais trahi l'adolescent qui rêvait des States.

Cela va bientôt faire un an qu'il a rejoint le pays de ses ancêtres.
Quelqu'un qui lui était très proche lui a promis d'aller jusqu'au Montana jeter ses cendres d'un avion et le connaissant un peu, je suis sûr qu'il le fera...