mercredi 25 août 2010

COMO ESTA DANS LA CASA?



Vous connaissez sans doute Rodolphe, l'affreux nerd de la pub Free?

Il compte faire ses adieux (Free ne compte plus utiliser Rodolphe dans sa prochaine campagne)

Le vrai Rodolphe s'appelle en fait Jean-Daniel Bourgeois, il est plutôt mignon, comparé à son personnage et c'est un plasticien belge.

J'aime assez ses sculptures-installations qui allient l'étrange, la poésie et la récup', et dans lesquelles on retrouve, bien sûr, une part de la dérision qui l'a rendu culte dans les pubs Free (Il a créé un personnage, Jacky, qui pourrait être tout à fait un voisin du fameux Rodolphe).

Voici quelques liens:

INSTALLATIONS

ATROPHY

PRIX MEDIATINE 2010


J'espère que son travail artistique se fera aussi bien connaître que Rodolphe, même si je sais bien que la création artistique n'aura jamais les moyens médiatiques d'un opérateur de téléphonie ou d'un marchand de yaourts...

jeudi 5 août 2010

MY BUDDY M.SQUIRREL




Tous les matins, quand je vais bosser au Studio, je passe par un grand parc et je croise très souvent mon ami l'écureuil.
S'il est au milieu de l'allée, je m'arrête et je l'observe.

Après ce moment rare, je me demande toujours après quoi je cours.

lundi 19 juillet 2010

NIGHTFALLS



J'aime assez le principe des sessions live (sauf quand c'est du jazz chiant, je ne suis pas assez intello et bedonnant pour apprécier). Dans le cadre des Tombées de la Nuit, à Rennes, je suis allé voir celles de JP NATAF. Je ne connaissais pas trop donc j'y allais pour découvrir. Je me souvenais juste que c'était l'ancien chanteur des Innocents, un groupe des années 80-90 plutôt pop et qu'après leur séparation, il avait travaillé avec Jeanne Cherhal.

Le cadre était plutôt inhabituel car le concert avait lieu à l'Opéra, donnant à la session une proximité complice avec le spectateur.

Il y avait 13 artistes sur scène, tous de très bons musiciens, s'échangeant indifféremment instruments et devant de la scène, dont:

-Laetitia shériff, dont j'avais beaucoup aimé il y a cinq-six ans, son album "codification"

-Bertrand Belin, dont la chanson "hypernuit" commence à se diffuser dans les bonnes programmations. Une voix exceptionnelle et un compositeur à vraiment connaître.

-Tatiana mladenovitch, du groupe "fiodor dream dog", un concentré d'énergie et de talent développé de manière complètement autodidacte. Avec son look androgyne et son audace musicale, elle me rappelle les années punk et le "do it yourself" si indispensable en ce temps de crise.

-Mina Tindle. Pauline a un timbre de voix de la famille Feist-Cat power, avec une présence plus nature et une transmission d'émotion assez troublante.

-Holden (Mocke & Armelle Pioline): vous mettez dans un mixer un peu de Joy division, de Jean-louis Murat, de Velvet, de Chet Baker avec une bonne dose de Guinness Draught (from Dublin) et vous aurez un petit goût de Holden, rétro minimaliste trainant et plutôt mélancolique, qui n'est pas sans rappeler Valérie leulliot & "Autour de Lucie".


Une superbe prestation qui s'est terminée avec les artistes assis sur le bord de la scène, à la guitare sèche et au violon, à un mètre du public.

Ma seule question: qui était cette magnifique violoniste-chanteuse virtuose, avec une robe folk, citée nulle part et qui aurait pourtant mérité de l'être? (si quelqu'un a la réponse...)

(photos du concert)

dimanche 13 juin 2010

JOHNNY APPLESEED




J'ai une grande affection pour les passionnés.

Les artistes sont souvent des passionnés, voire des monomaniaques ou des psychopathes, c'est vrai. Mais on ne trouve pas ce genre de passionnés que chez les artistes.

J'ai découvert il n'y a pas longtemps l'existence d'un certain John Chapman (1774-1845), considéré comme un des précurseurs de l'écologie. Cet homme, devenu une légende aux Etats-Unis, a passé 50 ans de sa vie à planter des pommiers dans tout l'Est & le Mid-West (Ohio, Pennsylvannie, Kentucky, Illinois, Indiana).

Il avait trouvé l'idée géniale de sa faire sponsoriser par des fabricants de cidre pour obtenir des graines de pommiers et traverser le pays en en plantant un peu partout. C'est comme cela qu'il s'est fait connaître partout sous le nom de Johnny Appleseed. Il était obsédé par l'idée de faire pousser dans tout le pays des pommiers car pour lui, cela éviterait toute famine et cela créerait des richesses pour les pionniers. Il profitait de ses périples en canoë ou à pied pour planter aussi pour tous, des plantes médicinales. Il prêchait également un meilleur respect pour les animaux et une bonne entente avec les Natives. Il ne pouvait que devenir un personnage mythique pour les écoliers américains...

Près de deux cent ans après, certains de ses pommiers sont toujours là et donnent encore des pommes.

Un mémorial a été construit à Fort Wayne pour ne pas oublier Johnny et son grand rêve de pommiers couvrant le Nouveau Monde.

An apple a day keeps the doctor away!

vendredi 9 avril 2010

LUCIAN



En cette période où on parle beaucoup de Sigmund Freud, avec la sortie de l'excellent livre de Michel Onfray qui met un grand coup de pied dans la fourmilière ramasse-fric de la psychanalyse, je préfère évoquer un de ses petits fils, Lucian.

Lucian Freud (88 ans) est un des artistes vivants les plus importants. Je suis passé à Beaubourg voir l'expo qui lui est consacrée. On prend une claque, vraiment. S'il y a une expo à voir en ce moment, c'est bien celle-là.

C'est de la peinture et rien d'autre, dans son absolu. J'ai eu la chance de pouvoir y passer un matin en semaine, il n'y avait pas trop de monde et j'ai pu observer de très près sa technique, ses coups de brosses, l'évolution de l'épaisseur de sa texture et surtout sa palette de couleurs de carnation, si reconnaissable.

Parmi les nombreuses représentations de nus qu'il a pu faire, il en a fait quelques séries de Leigh bowery, un être hors du commun qui a été incontournable à Londres dans les années 80 et qu'on a un peu oublié aujourd'hui, malheureusement. Comment le définir? C'était un performer avant tout, transformant sa propre vie en oeuvre d'art en arborant chaque jour différents looks extravagants à côté desquels Lady Gaga et toutes celles qui l'imitent n'ont qu'à bien se tenir.

Excentrique jusqu'au bout, Leigh avait demandé qu'on dise partout qu'il était parti en voyage en Papouasie alors qu'il était en train de mourir du Sida. Il est parti la veille du jour de l'an, à quelques heures de 1995.

Lucian Freud a toujours représenté Leigh en dehors des personnages que ce dernier inventait constamment, c'est à dire complètement nu, tel qu'il était dans la vraie vie: un petit garçon dans un corps d'homme... Un authentique artiste, donc...

dimanche 4 avril 2010

EIGHTIES POETRY



VOIR LA VIDEO ORIGINALE!


"je flippe, je flashe, je suis cool et j'ai les moules ainsi que les boules maman"
PIERRE BILLON


Ca, c'est les années 80! Le kitsch au service du n'importe quoi, à moins que ce ne soit le contraire.

Le pire, c'est qu'avec le temps, on finit par se dire que ça fait partie du patrimoine et que ce n'est pas si mauvais que ça (voir ici Pierre Billon aujourd'hui) ... enfin je m'emporte peut-être un peu...

Les paroles de cette chanson, apparemment écrites entre deux nuits blanches amphétaminiques, méritent le détour et n'ont pas à rougir face aux daubes des comédies musicales qui polluent nos oreilles d'aujourd'hui. Elles ont même en plus ce petit côté ironique, ne se prenant pas au sérieux, que n'ont malheureusement plus la plupart des producteurs de merde des années 2010.

Comme la vidéo de la Bamba triste est devenue en quelques semaines un symbole "auberge espagnole" de ces années-là, elle a déjà suscité un certain nombre de parodies qui rendent l'original en fin de compte sympathique car elles ont tout compris de la philosophie de supermarché des années 80: be yourself avec tes moyens, même si ceux-ci sont limités.

dimanche 28 mars 2010

ROADSWORTH




S'il y a vraiment un mode d'expression qu'on peut qualifier de STREETART, c'est bien celui de ROADSWORTH.

Une grande partie de son travail consiste à détourner les signalisations urbaines ou routières. Bien d'autres le font mais peu l'égalent.

Peter opère au Canada, en particulier à Toronto et à Montréal, où il s'est fait serrer, suscitant un débat sur l'aspect criminel ou pas du STREETART lorsqu'il concerne non pas des biens personnels (qu'il faut respecter, c'est un fondement de la démocratie) mais des espaces publics ou des mobiliers urbains.

Ses oeuvres sont souvent poétiques et porteuses de sens, contrairement à beaucoup de tags qui émanent souvent d'auteurs qui font passer leur narcissisme avant tout message ou recherche de beauté. Son discours à lui, que je partage, c'est que les autorités tolèrent quasiment partout des publicités polluant notre regard tout ça parce qu'elles génèrent de l'argent alors que les interventions artistiques sont systématiquement poursuivies, surtout lorsqu'elles adressent aux passants-consommateurs un véritable message non lucratif.

La question a se poser, c'est: pourquoi un citoyen est-il prêt à braver des tas d'interdictions qui peuvent lui coûter cher, à prendre des risques parfois physiques, pour exprimer un geste artistique souvent éphémère en direction de gens qu'il ne connaît pas et qui pour la plupart ne mettent jamais les pieds dans une galerie ou un musée?

Vous avez peut-être une autre réponse que la mienne mais moi je pense que les street artistes sont des résistants. Des résistants contre les restrictions croissantes et pas toujours justifiées des libertés, entre autres la liberté d'expression. Des résistants contre la mainmise sur l'Art par des béotiens fortunés. Et surtout des résistants contre la montée du fascisme consumériste et ses collabos: marketeurs, banksters, manipulateurs des média et autres cambrioleurs de nos cerveaux qui vont finir, si ce n'est déjà fait, par totalement dévorer notre libre arbitre.

(lien article de Julie binet sur Roadsworth)

dimanche 21 mars 2010

ECONOMY PARASITES



Cette semaine, je suis passé à la librairie de Beaubourg après l'expo Lucian Freud et je suis tombé sur un bouquin qui m'a donné envie de vomir.

Il traitait du design management. En gros, en tentant de traduire des termes baudruches ne voulant pas dire grand'chose, il se proposait d'apprendre à des bacs +2 issus d'écoles de commerce et de marketing, une méthode leur permettant de diriger une équipe de créatifs. Et par la même occasion d'en devenir un soi-même en quelques heures de lecture.

Comme si quelqu'un sans imagination pouvait apprendre à devenir un créatif avec un pauvre bouquin. On est créatif ou on ne l'est pas. En clair, il n'existe pas de méthode pour faire d'un âne, un cheval de course.

Pourtant, depuis quelques années, des tas d'écoles privées proposent cette mutation qui fait tant rêver ceux qui chantent tous les matins devant leur glace: j'aurais voulu être un artisssssteuuuuh, et pouvoir faire mon numérooooo.

La réalité, c'est que ces métiers intermédiaires de chefs de produits et autres responsables de marketing ou "design managers", en ayant la prétention de remplacer ceux qui ont vraiment les bonnes idées et en rassurant les chefs d'entreprises par leurs discours formatés flattant le mythe du toujours plus de rentabilité, ont peu à peu tiré vers le bas tous les produits de notre quotidien, cuisinant avec beaucoup d'approximations et d'amateurisme, une espèce de soupe grisâtre et sans âme.

Non contents d'être cantonnés aux yaourts et croquettes pour chats de la grande distribution, ces spécialistes du remplissage de tableur et des compte-rendus et briefs de réunions, ont peu à peu envahi tous les secteurs, semant autour d'eux une médiocrité molle qui finit par démotiver ceux qui dégagent vraiment de l'énergie créative. C'est sans doute une des explications de la perte du leadership français dans la plupart des secteurs porteurs.

On est de plus tombé dans un cercle très vicieux: ces métiers flattent les bas instincts du consommateur en ne lui offrant que de la merde dans de jolis packagings le tout fabriqué à pas cher, et du coup, accélèrent la délocalisation. Les nouvelles marges occasionnées par l'exploitation de ces mains d'oeuvres lointaines vont à leur tour pouvoir financer de nouveaux postes de ce type: des cadrillons aux discours formatés qui vont continuer de tout tirer vers le bas pour justifier leurs postes.

Mais le temps ne donne jamais raison à ces profils. La preuve: ils restent en général autour de deux ou trois ans dans la même boîte. Virés soit parce qu'on finit par mesurer leur incompétence ou leur imposture, ou qu'un(e) plus salopard attiré par le bon salaire et l'absence d'effort, leur a piqué leur place. Ou bien partant d'eux mêmes pour continuer ailleurs leur plan de carrière-coquille vide, avant que ça ne sente trop le roussi là où ils sont.

Et puis on se rend bien compte que même les plus grands groupes perdent des fortunes et échouent partout où il n'y a pas une vraie conception de produit derrière tout ce vent. Le consommateur n'est pas le benêt qu'ils imaginent.

De plus, cette hyper rationalisation niant l'humain, associée à la manipulation cynique des masses, n'est pas sans rappeler ce qui a autrefois conduit à la formation de trains vers les camps de la mort. Il y a un réel danger dans cette logique qui piétine tout ce qui pourrait élever notre esprit.

Le design et la création, l'innovation, à l'inverse du marketing, ont pour tâche d'apporter du beau et de la nouveauté dans un produit de consommation et ce, de manière raisonnée. Il y a derrière cela, l'idée humaniste du progrès et de l'amélioration de notre monde. La recherche d'une excellence progressiste que seuls peuvent apporter les vrais créatifs, ceux qui ont un univers en tête et la capacité de le mettre en oeuvre.

Concept qui est bien éloigné de tous ces marketeurs à deux balles, cadres parasites de l'Economie, escrocs professionnels, qui finalement ne maîtriseront jamais de l'excellence que le début: Excel.

samedi 23 janvier 2010

DRUNK STUDENT

Ce soir, tu as osé tous les mélanges:
-bière + téquila
-pastis + mauvais vin de loire
-cocktail inconnu + vodka


La fille que tu visais est partie avec un autre, vu que tu étais déjà bourré à 23 heures et que tu as baissé ton froc dans le bar en insultant tout le monde avec une mauvaise imitation d'accent caillera.

Vers 3 heures du mat, avec deux bouffons dans ton genre, vous avez après traversé les rues piétonnes en gueulant n'importe quoi. Vous avez réveillé exactement 324 personnes.

Ensuite, dans un geste ultra-révolutionnaire contre cette société pourrie qui vous nourrit, vous avez renversé 2 poubelles.

Puis, tes potes t'ont lâché pour rentrer chez eux, sans doute parce qu'ils en avaient marre de jouer aux crétins avec toi, mais ils ne te l'ont pas dit.

Après, tu ne sais plus très bien.

Si.
Pour montrer ta haine de philosophe de salon contre le système dans lequel tu as déjà une place toute chaude que tu occuperas d'ailleurs en service minimum toute ta vie (tu jongleras avec brio entre tes RTT et les congés maladie, grèves, pseudo-dépressions...), tu passes à l'action:

Tu vomis ta pizza bas de gamme et tous les mélanges de la soirée devant l'entrée d'une boutique de prêt à porter de luxe pour bourgeoises entretenues où va peut-être parfois ta mère. Tu vises le paillasson, pour que ce soit plus chiant à enlever.
Demain matin, c'est la petite vendeuse smicarde qui nettoiera tout ça en arrivant, pendant que la patronne pestera à l'intérieur en sirotant son café.

Tu as bien fait de picoler un jeudi soir. Tu n'auras pas une trop sale tronche quand tu rentreras samedi chez Papa-Maman avec ton linge sale. Il faut qu'ils continuent de raquer le plus longtemps possible en s'imaginant que tu feras quelque chose de brillant de ton existence.


Ce matin, tu as la gueule de bois et tu es gerbi. Tu n'iras pas en cours, tant pis.

Tu te sens vraiment minable.


C'est ce que tu es.