lundi 26 décembre 2011

STREET SQUIRREL



Quand j'étais gamin, j'allais avec mes parents en vacances dans la vallée de Chamonix. A Argentière, pour être précis.
Sur la terrasse d'un des chalets, il y avait une femme qui donnait à manger à un écureuil de la forêt voisine. L'écureuil s'appelait Roudoudou.
J'avais été émerveillé de voir cet animal sauvage et vif, avoir autant de familiarité avec cette femme (il venait manger dans sa main en se posant sur son poignet). Surtout qu'aucun autre humain ne pouvait l'approcher à moins de deux mètres.

Il m'en est resté une affection très forte pour l'écureuil, qui comme moi, grimpe partout et accumule des tas de choses à droite à gauche en finissant par oublier où il les a mises. Eh oui, contrairement à ce qu'affirme la Caisse d'Epargne, l'écureuil n'est pas vraiment un animal si prévoyant et épargnant, vu qu'il est tout le temps dans l'instant présent. D'ailleurs, les Natives voient son apparition en rêve plutôt comme l'annonce d'un grand changement, l'inverse du conservatisme accumulateur.

Je suis tombé hier sur un blog qui a été entièrement consacré aux écureuils:
(ILOVEYOUNUT)
On y voit des écureuils qui se sont parfaitement adaptés à l'Homo Urbanus et qui développent une intelligence que certains de nos semblables devraient leur envier...


En Street Art, voici quelques écureuils intéressants vus dans le monde:

POCHOIR À SÈTE (FRANCE)

POCHOIR À NANTES (FRANCE) (by JINKSKUNST)

ROA'S SQUIRREL (NEW YORK, USA)

POCHOIR (LONDON, GB)

POSTERS (TOKYO, JAPAN)

POCHOIR (ISLINGTON, LONDON, GB)


Je n'ai pas vraiment trouvé de représentation négative de l'écureuil.
Et ça, ça me plaît bien.

vendredi 23 décembre 2011

PHLEGM



Si on me parle de rétromodernité, je pense aujourd'hui à PHLEGM, dont le travail rappelle des gravures médiévales, teintées de cabinet des curiosités du XVIIIème siècle.

Mais dès le premier coup d'oeil, on comprend que c'est complètement actuel.

Il est basé à Sheffield, dans le South Yorkshire (GB).

En dehors de ses street interventions, faites principalement de personnages géants mais très détaillés (une performance car il ne fait pas de collages, tout est peint, voir la vidéo, en bas), le dreadlocks boy fait aussi depuis 2005, de superbes comics qu'il sort au rythme d'un ou deux par an et qu'on peut trouver dans les galeries où il expose, ainsi que dans quelques boutiques pointues (comme Spine Skate Shop à Worcester).

(sur UNURTH)

(son blog)

(FLATCAP)

(FLIKR)

(MOVIE)

mercredi 7 décembre 2011

INSURANCE CHERRY



Pour moi, la vraie Cerise, la plus charmante, c'était elle. Caroline.

Voilà encore un exemple du manque de parti pris du marketing, malheureusement bien souvent doté d'une culture ne dépassant pas celle d'un poisson rouge tournant dans son bocal.
Surtout pas une tête qui dépasse. Pas de personnification trop poussée et durable qui donnerait trop d'importance au comédien incarnant la marque (c'est un peu le même principe que RODOLPHE de FREE: on consomme et on jette).
Ce n'était d'ailleurs pas la seule Cerise à avoir été éjectée (la première, incarnée par Julie Farenc-Déramond, était une jolie post-étudiante qui avait des tas de problèmes avec sa Twingo. Puis il y avait eu Laura Boujenah, nièce de., déjà moins segmentante)

Heureusement pour ces comédiens vite remplacés, le matraquage des pubs qui les utilisent finit par leur ouvrir d'autres portes... et, à y réfléchir, ce n'est peut-être pas plus mal pour eux...

lundi 6 juin 2011

FOTT DORTAUGRAFF




De plus en plus, dans la littérature murale ou signalétique que je passe beaucoup de temps à photographier, je vois apparaître une sorte d'être translucide, presque invisible, qui s'accroche aux tags, aux panneaux, aux manchettes des journaux des kiosques et même aux enseignes de boutiques qui se donnent parfois des airs chics.

Cet être mystérieux et goguenard, je l'ai appelé Herr Fott Dortaugraff. Au dessus, vous avez deux exemples typiques de ses interventions que je n'hésite pas à qualifier de terroristes contre notre belle langue.

Dans la deuxième photo, on pourrait imaginer que le tagueur bas de gamme n'a pas eu le temps de terminer sa phrase, en entendant, je ne sais pas, par exemple le diesel d'une voiture de flic, mais non, il a eu le temps de mettre le point d'exclamation. C'est Herr Dortaugraff qui lui a fait oublier le S, c'est certain!

En ce qui concerne la première photo, Herr Dortaugraff a été encore plus tordu, à mon avis. Il s'est débrouillé pour qu'un chef déjà un peu idiot des services de la Ville (celui qui s'occupe de faire imprimer les panneaux) délègue la confection du panneau à un employé encore plus idiot que lui (c'est la fameuse loi de Parkinson). Résultat: deux erreurs dans le même panneau. Herr Dortaugraff devait être aux anges.

Je vais continuer de le pister. Il n'est pas près de s'arrêter...

dimanche 26 décembre 2010

PROSPECTIVE FOOD


"Le plus grand luxe, ce n'est pas de se dire qu'on va gagner toujours plus. Mais qu'on peut décider de tout recommencer, comme un enfant"
RENE REDZEPI



Cette citation, lue dans un article sur le meilleur restaurateur du monde 2010, m'a tellement parlé que j'ai cherché à savoir qui était ce Rene Redzepi qui vient de détrôner Ferran Adria et son El Bulli.

D'abord son resto: NOMA, à Copenhague, situé dans un ancien hangar de briques et de pierres entièrement rénové, au bout de Strandgade (en plein Christianshavn) est un modèle de déco nordique (par Signe Bindslev Henriksen et son agence, Space).
Ensuite sa carte, fraîche et iodée, est vraiment dans l'air du temps: 98% de ce qui est cuisiné à Noma provient de moins de 100 km, est fait suivant les rythmes de la Nature, en respectant un maximum de valeurs éthiques. Le tout évidemment agrémenté d'une créativité sans limites, où la surprise est sans cesse au rendez-vous:

La langoustine fondante est posée sur une poudre d'algues au goût de réglisse.
La truffe de Suède est associée à un celeri-rave au lait de brebis.
Les fleurs en pot posées sur la table sont à manger (fleurs de courgettes et de topinambours sucrées, capucines poivrées).
Des jeunes légumes (radis, carottes, navet, poireaux...) sont présentés dans une "terre" noire comestible faite de différentes farines maltées (voir recette, à faire en deux jours!) ou encore, des radis sont servis dans un pot où la "terre" est là faite avec du pain noir cachant un fromage blanc dans lequel trempe l'extrémité du radis.
Les crousticraquants sont remplis de radis, de hareng mariné, de différents pestos et d'algues.
Le sperme de cabillaud et verdures (inspiré, je pense, de son stage au Japon chez Kikunoi) étonne par le choix de son ingrédient principal et par sa texture.
Une glace au topinambour et marjolaine est servie avec un biscuit de graines au malt et un sirop de pommes fraîches.

Bref, un voyage incroyable, malheureusement difficilement accessible de manière concrète (liste d'attente de plusieurs mois pour réserver) .
Maintenant, vous pouvez toujours vous inspirer de son esprit (Phaïdon a édité un superbe livre de 350 pages avec ses recettes) pour vous faire plaisir en innovant avec des choses simples de votre région. Out, la cuisine moléculaire et la malbouffe industrielle & chimique.

Pour moi, c'est la cuisine de demain: des ingrédients simples et frais, et puis de l'imagination et de l'audace.

Celle qui n'abîme ni votre corps, ni votre esprit, ni votre porte-monnaie, ni notre planète...

mercredi 29 septembre 2010

HYPERNUIT



j'avais évoqué Bertrand Belin en juillet (Nightfalls). Son dernier album, hypernuit, est sorti la semaine dernière. De très belles mélodies, des paroles mystérieuses qui ouvrent les fenêtres à l'imagination.

La presse le compare à Bashung, ça doit finir par l'agacer mais c'est un très bon compliment...

HYPERNUIT
(à la batterie: Tatiana Mladenovitch)

mercredi 25 août 2010

COMO ESTA DANS LA CASA?



Vous connaissez sans doute Rodolphe, l'affreux nerd de la pub Free?

Il compte faire ses adieux (Free ne compte plus utiliser Rodolphe dans sa prochaine campagne)

Le vrai Rodolphe s'appelle en fait Jean-Daniel Bourgeois, il est plutôt mignon, comparé à son personnage et c'est un plasticien belge.

J'aime assez ses sculptures-installations qui allient l'étrange, la poésie et la récup', et dans lesquelles on retrouve, bien sûr, une part de la dérision qui l'a rendu culte dans les pubs Free (Il a créé un personnage, Jacky, qui pourrait être tout à fait un voisin du fameux Rodolphe).

Voici quelques liens:

INSTALLATIONS

ATROPHY

PRIX MEDIATINE 2010


J'espère que son travail artistique se fera aussi bien connaître que Rodolphe, même si je sais bien que la création artistique n'aura jamais les moyens médiatiques d'un opérateur de téléphonie ou d'un marchand de yaourts...

jeudi 5 août 2010

MY BUDDY M.SQUIRREL




Tous les matins, quand je vais bosser au Studio, je passe par un grand parc et je croise très souvent mon ami l'écureuil.
S'il est au milieu de l'allée, je m'arrête et je l'observe.

Après ce moment rare, je me demande toujours après quoi je cours.

lundi 19 juillet 2010

NIGHTFALLS



J'aime assez le principe des sessions live (sauf quand c'est du jazz chiant, je ne suis pas assez intello et bedonnant pour apprécier). Dans le cadre des Tombées de la Nuit, à Rennes, je suis allé voir celles de JP NATAF. Je ne connaissais pas trop donc j'y allais pour découvrir. Je me souvenais juste que c'était l'ancien chanteur des Innocents, un groupe des années 80-90 plutôt pop et qu'après leur séparation, il avait travaillé avec Jeanne Cherhal.

Le cadre était plutôt inhabituel car le concert avait lieu à l'Opéra, donnant à la session une proximité complice avec le spectateur.

Il y avait 13 artistes sur scène, tous de très bons musiciens, s'échangeant indifféremment instruments et devant de la scène, dont:

-Laetitia shériff, dont j'avais beaucoup aimé il y a cinq-six ans, son album "codification"

-Bertrand Belin, dont la chanson "hypernuit" commence à se diffuser dans les bonnes programmations. Une voix exceptionnelle et un compositeur à vraiment connaître.

-Tatiana mladenovitch, du groupe "fiodor dream dog", un concentré d'énergie et de talent développé de manière complètement autodidacte. Avec son look androgyne et son audace musicale, elle me rappelle les années punk et le "do it yourself" si indispensable en ce temps de crise.

-Mina Tindle. Pauline a un timbre de voix de la famille Feist-Cat power, avec une présence plus nature et une transmission d'émotion assez troublante.

-Holden (Mocke & Armelle Pioline): vous mettez dans un mixer un peu de Joy division, de Jean-louis Murat, de Velvet, de Chet Baker avec une bonne dose de Guinness Draught (from Dublin) et vous aurez un petit goût de Holden, rétro minimaliste trainant et plutôt mélancolique, qui n'est pas sans rappeler Valérie leulliot & "Autour de Lucie".


Une superbe prestation qui s'est terminée avec les artistes assis sur le bord de la scène, à la guitare sèche et au violon, à un mètre du public.

Ma seule question: qui était cette magnifique violoniste-chanteuse virtuose, avec une robe folk, citée nulle part et qui aurait pourtant mérité de l'être? (si quelqu'un a la réponse...)

(photos du concert)