Un publiciste ringard (costard clair trop grand pour lui et mocassins à glands, c'est vraiment trop down) s'est cru malin en déclarant dernièrement que si on n'avait pas une Rolex à 50 balais, on était un raté.
J'imagine que, passé d'ancien valet moqué de Mitterand (la fosse tranquille) à nouveau valet méprisé de Sarkozy (la présentation de Carla à Nicolas, c'est lui), il avait besoin d'un coup d'éclat supplémentaire pour compléter son voeu d'allégeance (Regardez, mon maître, je suis bien de Droite, si!, si!, et j'ai terminé méticuleusement de décaper mon vernis Gauche Caviar).
Tu as raison, Jacky: après la Gauche Solex, la Droite Rolex!
Mais garde quand même ton pot de vernis de Gauchiste de salon, au cas où le vent tournerait à nouveau (ce dont je doute pour l'instant, vu la tronche de chien battu de Martine et la blonditude de Ségolène).
Vous avez une montre, vous? Moi, je n'en porte plus depuis bien des années, depuis que j'ai des mobiles, en fait, et que l'heure est indiquée sur l'écran.
Mais comme il m'arrive d'oublier régulièrement mon téléphone, j'ai trouvé une solution plus tendance pour voir l'heure: j'ai mon Julien Dray.
Le Julien Dray porte en général 3 montres à chaque bras (avec l'heure des principales capitales), il est pratique et d'une disponibilité sans faille. Il me suit partout. En plus, il fait très chic, chacune des montres qu'il porte vaut des mois et parfois des années de salaires d'un ouvrier. Cependant, ne le rejetez pas, il n'en est pas moins resté un homme de Gauche, appliquant à la lettre un des adages du Communisme: Donne-moi ta montre et en échange, je te donnerai l'heure.
Le Julien Dray est un peu coûteux: il a un bon coup de fourchette et surtout il ne boit que des bons vins (j'ai dû cadenasser ma cave). Il est aussi très bavard mais j'ai fini par ne plus l'écouter, sinon je ne croirais plus en rien.
En ce moment, je l'avoue, j'ai un peu peur pour mon Juju.
Il a fait des choses pas très nettes ces dernières années, qui risquent de le faire rouler dans le caniveau (j'espère sincèrement que ses montres sont waterproofs) et je ne le vois pas trop entre 4 murs, à bouffer des haricots et des steaks-semelles. Je lui ai bien conseillé de filer, je ne sais pas, en Patagonie par exemple, mais il m'a dit qu'il n'aimait pas les chansons de Florent Pagny, ni la confiture de lait et qu'il avait de toutes façons le bras assez long (pour les montres, bien sûr) et qu'il s'en sortirait sans problème grâce à ses amis de tous bords.
Je veux bien le croire mais en attendant, il va falloir que je trouve une autre solution pour avoir l'heure.
La micro horloge de Philippe Starck greffée sous la peau, peut-être?
vendredi 29 mai 2009
samedi 23 mai 2009
NATIVE SONG 2
Puisque j'ai évoqué précédemment la tribu des Garchizees, il faut absolument que je vous parle d'un Indien de cette Réserve au destin exceptionnel puisqu'il est devenu un cow boy.
Je l'ai croisé il y a pas mal d'années en compagnie de mon grand-père et celui-ci m'a raconté sa vie vraiment pas banale.
Né dans un foyer difficile (père alcoolo et violent), il s'échappait enfant en se plongeant dans toutes les photos, tous les livres imaginables concernant le far west et les westerns. Il était un peu chétif et quand on lui demandait ce qu'il voulait faire, il répondait: cow boy. Evidemment, tout le monde se foutait de lui.
Mais il a tenu bon. Il s'entraînait comme il pouvait pour monter à cheval. Le moindre bidon abandonné au bord de la Loire devenait un mustang à débourrer. Une corde trouvée dans un champ de la Côte Blanche, un lasso avec lequel il s'entraînait à faire des figures.
Dès qu'il a été majeur, il a fuit la Réserve pour Paris d'abord, où il a commencé à faire des spectacles s'inspirant de sa vision de l'Amérique, puis pour les States. Et là, il est allé jusqu'au bout de ses rêves, devenant Jack Rogers.
Artiste exceptionnel des shows de rodéo et de lasso, il a fait partie pendant plusieurs décenies des tournées américaines de spectacles liés au far west dont le célèbre Buffalo Bill Wild West. C'est là-bas qu'il a été également durant 3 ans, l'un des fameux cow boys Marlboro. Il a aussi écrit des chansons folk/country et produit d'innombrables dessins dont la naïveté n'a jamais trahi l'adolescent qui rêvait des States.
Cela va bientôt faire un an qu'il a rejoint le pays de ses ancêtres.
Quelqu'un qui lui était très proche lui a promis d'aller jusqu'au Montana jeter ses cendres d'un avion et le connaissant un peu, je suis sûr qu'il le fera.
Je l'ai croisé il y a pas mal d'années en compagnie de mon grand-père et celui-ci m'a raconté sa vie vraiment pas banale.
Né dans un foyer difficile (père alcoolo et violent), il s'échappait enfant en se plongeant dans toutes les photos, tous les livres imaginables concernant le far west et les westerns. Il était un peu chétif et quand on lui demandait ce qu'il voulait faire, il répondait: cow boy. Evidemment, tout le monde se foutait de lui.
Mais il a tenu bon. Il s'entraînait comme il pouvait pour monter à cheval. Le moindre bidon abandonné au bord de la Loire devenait un mustang à débourrer. Une corde trouvée dans un champ de la Côte Blanche, un lasso avec lequel il s'entraînait à faire des figures.
Dès qu'il a été majeur, il a fuit la Réserve pour Paris d'abord, où il a commencé à faire des spectacles s'inspirant de sa vision de l'Amérique, puis pour les States. Et là, il est allé jusqu'au bout de ses rêves, devenant Jack Rogers.
Artiste exceptionnel des shows de rodéo et de lasso, il a fait partie pendant plusieurs décenies des tournées américaines de spectacles liés au far west dont le célèbre Buffalo Bill Wild West. C'est là-bas qu'il a été également durant 3 ans, l'un des fameux cow boys Marlboro. Il a aussi écrit des chansons folk/country et produit d'innombrables dessins dont la naïveté n'a jamais trahi l'adolescent qui rêvait des States.
Cela va bientôt faire un an qu'il a rejoint le pays de ses ancêtres.
Quelqu'un qui lui était très proche lui a promis d'aller jusqu'au Montana jeter ses cendres d'un avion et le connaissant un peu, je suis sûr qu'il le fera.
dimanche 17 mai 2009
NATIVE SONG
Je viens de terminer ce livre de Sherman Alexie. Ce sont des nouvelles dont les héros sont des indiens, je veux dire des Natives. Plus précisément des Spokanes de la région de Seattle. Inutile de vous dire que je vous le conseille. Il entre d'ailleurs en résonnance avec un film que j'ai vu dernièrement "Le Nouveau Monde": on y ressent de la même manière cette nostalgie d'un monde perdu, en osmose avec la Nature, et où les buts de l'Homme ne tournaient pas systématiquement autour de l'accumulation de biens, de possessions.
La littérature des Natives est actuellement l'une des plus riches et des plus innovantes. Surtout, elle nous fait prendre conscience comment ce peuple a pu être peu à peu, et de façon très perverse de la part des différents gouvernements américains, mis au ban et spolié de tout ce qui le reliait à sa terre.
Depuis 1988, une loi a autorisé l'implantation de casinos sur les réserves indiennes et cela commence à heureusement changer la donne: les grosses rentrées d'argent provenant pour beaucoup de gros retraités désoeuvrés ont permis à beaucoup de réserves autrefois anesthésiées par le chômage et l'alcoolisme, de se lancer dans un développement inattendu et de payer des études supérieures à ses enfants. D'où cette émergence culturelle aujourd'hui d'auteurs de très grande qualité.
Parfois, je me sens un peu Native moi aussi. Venant de la tribu des Garchizees, un peuple devenu lymphatique et éteint, j'ai dû moi aussi quitter la réserve pour aller vivre sous des cieux plus lumineux. J'ai changé mais il me reste encore ce petit quelque chose de l'enfant qui courait sur la colline et qui en connaissait chaque recoin, chaque caverne oubliée, chaque cabane cachée dans les bois. Je suis devenu un indien urbain, à l'instinct de survie adapté, bien sûr, mais les courants d'air du Troca et les métros-chevaux de feu qui me conduisent sous terre ne m'ont pas fait oublier le temps où le vent de la Côte Blanche, les arbres du bois de Chassenay me racontaient de belles histoires.
D'ailleurs, je me rends compte maintenant à quel point ces histoires-là ont été importantes pour moi et combien elles nourrissent inconsciemment mon quotidien et mes activités artistiques.
C'est ma réserve, quoi...
Some recent native music?
MARIEE SIOUX
WAYNE LAVALLÉE
MICHAEL BUCHER
LAKOTA LULLABY
lundi 4 mai 2009
SMILING ELEMENT
PERSUSMIX GALLERY
Dans la série: "Je me demande parfois si certains des objets qui nous entourent n'ont pas un âme"...
Vous en trouverez plein d'autres dans FACES IN PLACES dont je vous ai déjà parlé mais dont je ne me lasse pas!
jeudi 30 avril 2009
ELSEWHERE

Si vous avez une BD à acheter cette année, pensez à celle-ci: "Là où vont nos pères" de Shaun Tan.
Elle est silencieuse, sans aucun texte, car les dessins somptueux se suffisent à eux-mêmes.
A la fois hyper-réaliste et ouvrant sur un imaginaire très poétique, elle donne un sentiment très précis de ce que ressentent ceux qui doivent quitter le pays où ils sont nés pour tenter de trouver ailleurs une vie meilleure.
Comme nous sommes tous persuadés que l'herbe est toujours plus verte dans d'autres contrées, nous sommes finalement tous un peu des migrants, non?
lundi 27 avril 2009
mercredi 18 février 2009
THIRD RATE MOVIE
Hier, je suis tombé à la télé sur un des Asterix (Opération Cléopatre), que je n'avais encore jamais vu, me doutant un peu que ce n'était pas un chef d'oeuvre.
J'ai tenu une demi-heure, pas plus, avant d'aller lire un bon bouquin.
Comment est-ce qu'on a pu dépenser autant d'argent pour faire une daube pareille?
Mauvais scénar, mauvais jeu des acteurs, dialogues à chier, décors de chez Pier import, générique ringard.
C'est vraiment un navet, César.
J'ai tenu une demi-heure, pas plus, avant d'aller lire un bon bouquin.
Comment est-ce qu'on a pu dépenser autant d'argent pour faire une daube pareille?
Mauvais scénar, mauvais jeu des acteurs, dialogues à chier, décors de chez Pier import, générique ringard.
C'est vraiment un navet, César.
samedi 14 février 2009
APPLE TREE
Parfois, j'aimerais pouvoir faire "apple-Z" dans ma vie, et remonter le temps de quelques séquences pour les revivre un peu plus en adéquation avec ce que je suis.
Par exemple, j'aimerais faire "apple-Z":
- sur le soir où à Vichy, dans cette boîte un peu chic, j'avais vomi sur le cardigan en cachemire de cette fille parce que j'avais bu trop de gin-citron, me chopant la honte de ma vie.
- sur cette fois où lors d'un de ces trop rares passages à Garchizy, j'avais décliné l'invitation de mon oncle M. à dîner avec lui chez mes grands-parents parce que je devais retrouver mon pote Yann à Nevers et que je m'étais dit qu'on aurait bien l'occasion une autre fois. (Il s'était tué en voiture quelques semaines plus tard).
- sur une de nos trop rares conversations avec Valérie pour oser lui demander ce qui s'était passé dans sa tête lorsqu'elle était partie pendant "Chronique d'une mort annoncée"
- pour ne pas avoir perdu si vite le contact avec Marc. Peut-être que j'aurais sû avoir les bons mots pour qu'il n'ait plus l'envie de mettre fin à ses jours.
- pour casser la gueule de chacun des membres de cette bande de losers de Garchizy qui me harcelaient en Primaire et au Collège.
- pour passer plus de temps avec ceux que j'aime, ma famille, mes amis, et dont la vie semble s'écouler beaucoup moins vite que la mienne.
Parfois aussi, j'aimerais faire "apple-Q" et complètement me réinitialiser.
Peut-être que dans ce cas, d'ailleurs, j'entrerais alors dans la programmation de n'avoir ni remords, ni regrets...
Par exemple, j'aimerais faire "apple-Z":
- sur le soir où à Vichy, dans cette boîte un peu chic, j'avais vomi sur le cardigan en cachemire de cette fille parce que j'avais bu trop de gin-citron, me chopant la honte de ma vie.
- sur cette fois où lors d'un de ces trop rares passages à Garchizy, j'avais décliné l'invitation de mon oncle M. à dîner avec lui chez mes grands-parents parce que je devais retrouver mon pote Yann à Nevers et que je m'étais dit qu'on aurait bien l'occasion une autre fois. (Il s'était tué en voiture quelques semaines plus tard).
- sur une de nos trop rares conversations avec Valérie pour oser lui demander ce qui s'était passé dans sa tête lorsqu'elle était partie pendant "Chronique d'une mort annoncée"
- pour ne pas avoir perdu si vite le contact avec Marc. Peut-être que j'aurais sû avoir les bons mots pour qu'il n'ait plus l'envie de mettre fin à ses jours.
- pour casser la gueule de chacun des membres de cette bande de losers de Garchizy qui me harcelaient en Primaire et au Collège.
- pour passer plus de temps avec ceux que j'aime, ma famille, mes amis, et dont la vie semble s'écouler beaucoup moins vite que la mienne.
Parfois aussi, j'aimerais faire "apple-Q" et complètement me réinitialiser.
Peut-être que dans ce cas, d'ailleurs, j'entrerais alors dans la programmation de n'avoir ni remords, ni regrets...
dimanche 23 novembre 2008
POSTERS POST

A chaque fois que je passe devant un cinéma, une question me vient systématiquement à l'esprit:
Pourquoi sur les affiches, est-ce que le nom des acteurs n'est jamais placé là où il y a leur portrait?
Par exemple ici, aucun des quatre noms ne correspond aux visages représentés: la fille est nommée Casey Affleck, le barbichu (Ed Harris) se transforme en Michelle Monaghan, le beau Casey devient Morgan Freeman et Morgan, du coup, est condamné à s'appeler Ed Harris.
Et c'est comme ça sur toutes les affiches de cinéma. Vérifiez par vous-mêmes.
Alors j'aimerais bien savoir pourquoi il n'y a pas quelque part un type, un genre de physionomiste qui connaît bien les acteurs et qui veillerait à ce qu'elles soient imprimées avec les noms à la bonne place!
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